biographie

Artiste multidisciplinaire, c’est à titre d’acteur que Pierre Cavale fait ses débuts professionnels en 1981, après avoir complété le cursus du Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Pendant quelques années, il se consacre corps et âme à l’exercice de son nouveau métier, essentiellement au théâtre, à la télévision et en doublage.

Mais Cavale écrit pour son plaisir depuis sa plus tendre enfance. C’est sa carte secrète, qui deviendra l’un des fils conducteurs de son parcours. Au cours des années 1980, il commencera par endosser les habits du dramaturge. Il prend d’abord part à une création collective pour enfants, La gang des coups pendables, avec laquelle il sillonne le Québec durant un an. Puis, fin 1980, il écrit L’homoputain, qu’il produit dans une maison de la culture de Montréal. Cette pièce intègre quelques chansons originales portant sa griffe.

À cette même période, il met à profit ses talents pour s’immiscer dans le milieu des communications tout en continuant à exercer le métier d’acteur en dilettante. Jusque vers la fin des années 1990, il évoluera aux titres de concepteur-rédacteur, de directeur de projets et d’attaché de presse.

À l’été 1998, il anime une émission de radio à Chicoutimi, dans l’une des stations régionales de Radio-Canada. S’ensuivent quinze années de collaboration régulière avec la société d’État, au cours lesquelles il pilotera des émissions en tous genres dans pas moins de dix villes à travers le pays. Partout, il traîne avec lui une guitare et une caméra-photo.

Peu à peu, par la création de chansons et d’images, il définit une « signature Cavale», où il transpose et magnifie tout ce qui l’émeut à travers son quotidien. Il en vient à transporter ses mots et sa musique sur scène et en studio . En 2008, à la salle Claude-Léveillée de la Place-des-Arts, il lance Au beau milieu de nous , un album regroupant treize de ses chansons de style folk-jazz.

Cependant, il tarde à exposer ses images au regard du public. Il y arrive par voie détournée au début des années 2010. Alors qu’il se réinvestit dans son métier d’acteur, il saisit l’occasion de passer de l’autre côté du miroir. Au Québec, un jeune cinéma indépendant connaît un essor sans précédent et Cavale y trace son chemin à la fois comme cinéaste et photographe de plateau. Ses photos et ses courts métrages commencent à circuler dans des festivals, sur des plateformes en ligne et les réseaux sociaux. En 2014, le distributeur de films Les Aventuriers voyageurs lui propose de réaliser un long métrage sur le Portugal. Il relève le défi avec la complicité de sa conjointe, l’artiste en arts visuels Christiane Litalien. Deux années plus tard, Le Portugal, un grand petit pays sera vu dans quelque 70 salles au Québec. Homme orchestre, Cavale en aura assumé la scénarisation, la narration, le montage et la réalisation, en plus de composer huit des pièces musicales de la trame sonore. Plus de 125 photos cosignées Litalien et Cavale accompagnent le coffret du film en versions Blue-Ray et DVD. Cette aventure affine grandement le sens de l’image chez Cavale. S’il se permet d’explorer tous les genres, il n’en approfondit pas moins un langage et une manière basés sur ses dons de conteur. En effet, une trame narrative soutient toujours le sujet abordé par cet artiste, quel que soit le médium utilisé. Par ailleurs, il lui arrive fréquemment de créer un texte ou une chanson dans la continuité d’une exploration picturale.

En 2018, c’est à l’Espace Moïco de Saint-Jean-sur-Richelieu que, pour la première fois, Cavale propose un mini solo. La même année, il écrit et joue une pièce pour un homme seul, Pierrot et ses loups, au Festival tout’ tout court. En 2019, l’Artothèque de Montréal intègre une de ses oeuvres à son expo estivale. Durant le confinement de 2020, Cavale revient à l’écriture chansonnière et réalise un vidéoclip à partir d’un de ses nouveaux opus, Mes yeux pour voir. Sous le thème Réflexions, il produit une série de reportages-photos impressionnistes, qu’il diffuse en français et en anglais sur Facebook et Instagram.

En 2022, Cavale se joint à trois expositions collectives, dont le Concours d’art numérique Mont-Tremblant, dont il est l’un des finalistes. Cette distinction officialise un tournant dans sa démarche. S’il a toujours eu à coeur de faire ressortir la singularité propre à chacune de ses photos, Cavale cherche désormais à déceler toutes les images cachées qu’elle peut contenir. Quand l’une d’elle le séduit, il peut la transformer aussi loin que sa créativité l’emmène, selon les thèmes qui lui sont chers. Entre réel et imaginaire, il se permet toutes les audaces, pourvu qu’elles relèvent d’une intention pertinente et authentique.

L’année 2023 représente un autre moment charnière. D’une part, Pierre marque les esprits avec son rôle de tueur en séries dans le téléroman STAT. Harold Bérubé est un personnage que le public aime haïr. D’autre part, Cavale signe deux expositions solos. À la Maison Epiphany du Domaine Trinity, à Saint-Jean-sur-Richelieu, il présente durant l’hiver Fenêtres sur mon jardin. Puis, à partir de septembre prochain, il tiendra une expo en extérieur à Saint-Lambert (détails à venir),